En opposition absolue avec la volonté affichée du gouvernement, représenté par son ministre de l’agriculture, ces jours-ci, de vouloir remettre en cause l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes tueurs d’abeille, et considérant cette décision comme rétrograde et dangeureuse pour l’humanité, La Clef a décidé très modestement de reprogrammer le très beau film Des abeilles et des hommes. Nous vous proposerons sans doute prochainement des débats autour de ce sujet.

« La consommation de pesticides, loin de reculer comme l’avaient promis les plans qui se sont succédé depuis le Grenelle de l’environnement en 2007, a progressé de 22 % entre 2009-2010 et 2014-2015. La toxicité de ces produits conjuguée à la destruction des milieux naturels et à l’appauvrissement biologique des espaces cultivés se traduit par des pertes de biodiversité inédites. De 1989 à 2013, les populations d’oiseaux des champs ont décliné de 45 %. Sur dix ans, le taux de mortalité des abeilles est passé de 5 % à 30 %. (…) Sur le plan sanitaire, des liens sont établis entre l’apparition de cancers et maladies neurodégénératives chez les producteurs et leur exposition chronique aux pesticides. Ces produits sont également détectables dans 45,4 % des aliments consommés en Europe, selon un rapport récent de l’Agence européenne de sécurité des aliments. » (Alternatives Economiques n° 369 – Juin 2017 – page 66)

Stop. Et l’une des premières idées de ce nouveau gouvernement concernant l’agriculture est de lever des interdictions de pesticides.

Autre chose, Netflix, ce site mondial de vidéo en ligne, produit donc des films dits « de cinéma ». On ne sait pas très bien ce que signifie « de cinéma ». Mais en l’occurrence les films produits par Netflix ne pourront être montrés en salle en France, car Netflix exige une simultanéité entre la sortie internet et en salle, ce qui est contraire au système français appelé chronologie des medias, lequel garantie depuis des décennies la pérennité économique de chaque support : salles, vidéo, TV, et aujourd’hui internet. Furieux que seuls au monde la France et la Corée du Sud refusent son système, Netflix tente donc de détourner la loi en organisant un peu partout des séances de ses films gratuites. Gratuites pour le public et sans contrepartie financière de la part de Netflix pour les salles. Si le spectateur peut être gagnant sur le coup (voir un film gratuitement sur un écran de cinéma plutôt que sur son ordinateur ou son mobile), à très court terme ce procédé est évidemment extrèmement dangeureux pour l’ensemble du système du financement du cinéma en France et dans le monde (rappelons que la France et ses producteurs ont financé ou co-financés une grande majorité des films sélectionnés à Cannes, toutes sections confondues).

Cette semaine nous avons le plaisir enfin d’accueillir les troisième édition du film Mawassem-Les saisons du cinéma arabe.

Oui à La Clef nous resterons toujours vigilants tant que nous existerons sur ces questions de sociétés. Et heureusement, nous nous sentons de moins en moins seuls. Manger sain de bons produits nous explose les papilles, et savoir que nous pourrons tous continuer aussi longtemps que possible à découvrir des films « de cinéma » dans des salles « de cinéma » nous fait vibrer les neurones.

Bonne semaine cinéma.